Je me lance donc dans le récit de mes premières courses et vais donc devoir rattraper le retard accumulé depuis le mois d’août. Pour ce premier récit de course je vais donc vous parler des Foulées du Layon ma première course chronométrée.

Comment choisir sa première course chronométrée ?

Pour ma 1ère course officielle, je me suis longtemps interrogé:

  • Quelle distance ?
  • À quelle période ?
  • Quel type de course ?
  • Dois-je faire la course avec un coéquipier ?
  • Dois-je demander à ma famille et mes amis de venir à l’arrivée ?
  • Faut-il avoir bouclé un plan particulier ?
  • Quel équipement dois-je prendre ?

Au final devant le nombre d’interrogations sans réponses j’ai tout envoyé chier et j’ai décidé de le faire au feeling. Et voilà comment j’ai réussi à cumuler toutes les erreurs possibles et imaginables en décidant du jour au lendemain de faire une course

  • de 15km: distance jamais encore atteinte, mais qui allait m’obliger à me dépasser
  • fin août: car c’était dans moins d’un mois et que comme ça je ne pouvais plus me défiler
  • dans un village paumé: L’idée c’était de ne pas faire une grosse course connue pour éviter la pression du chrono et surtout la honte, en cas d’échec, devant des milliers de personnes
  • sans famille et amis: c’est plus prudent toujours en cas d’échec
  • sans préparation/plan d’entrainement: Je n’avais ni le temps ni les compétences pour faire un plan d’entrainement. Mon seul plan était de courir 3 fois par semaine.
  • avec un équipement au top: Entre les chaussures récentes, la tenue totale technique, les gels et le sac avec poche à eau j’avais décidé de pouvoir être en totale autonomie.

Je vous propose de vivre (par mots interposé) ce qui pourrait être un modèle de course ratée. Attention on démarre.

Se préparer sans se mettre la pression

L’objectif était double, me tester sur une course chronométrée et arriver à boucler la distance de 15km. Je me présente donc pour le retrait des dossards 1h30 avant le départ de la course. La logistique est bonne et comme prévu ce n’est pas l’affluence des grandes courses donc parking facile et récupération du dossard easy !

Je file à ma voiture déposer mes affaires et me mettre en tenue pour faire mon échauffement. Je pars courir en suivant groupe, visiblement un club d’athlétisme, inscrit à la course. Je fais donc une boucle sur les derniers kilomètres de la course ce qui me permet de repérer que l’arrivé ce fait sur un tour de stade, mais que juste avant on a un joli mur à monter donc il faudra avoir du jus pour finir correctement.

Une fois l’échauffement fait, je passe aux étirements histoire de revenir au calme et je me dirige vers le sas de départ à l’appel du speaker. Pour éviter de me faire prendre dans une vitesse qui ne serait pas la mienne je décidé de me mettre dans le milieu du sas et tente de repérer d’autres coureurs débutants ou au moins ne faisant pas parti d’un club d’athlé. Le compte à rebours démarre je me prépare à lancer mon chrono… 3… 2… 1… TOP

Nous voilà partie, de multiples bips de montres me font comprendre que tout le monde est synchro et le flux de coureur s’élance et passe l’arche de départ.

Histoire d’une catastrophe annoncée

Dès le départ des petites grappes de coureurs se détachent et je sens bien que les groupes de tête ne sont pas faits pour mes jambes. Je tente de rester dans le groupe avec lequel je suis à la sortie du stade et très rapidement je me rends compte que je ne suis pas sur mon rythme; Je suis en train de me griller.

L’erreur de débutant: partir trop vite

Je suis donc déjà en train de fournir un effort intense et quand j’aborde le 3ème kilomètre qui coïncide avec une belle bosse et un gros coup de chaleur. Je suis dans le rouge et je me sens dans l’incapacité de conserver mon rythme. Premier gros ralentissement, mais je ne suis pas seul et on se motive avec une coureuse qui elle aussi supporte mal la chaleur.

J’arrive sur le 4ème kilomètre qui sépare les coureurs en deux groupes, ceux inscrits sur les 5km et ceux des 15km (mon groupe). À ce moment, je me dis que je suis un grand malade d’avoir choisi les 15km et que je devrais plutôt rentrer à ma maison tranquillement. Mais les bénévoles m’orientent vers le ravitaillement qui débute le parcours des 15km et, au même moment, j’entends au loin le speaker qui annonce l’arrivée du premier concurrent du 5km. Premier coup de bois, ça court vite, très vite !

Ne pas se retourner, surtout ne pas se retourner !

La séparation entre les deux courses me fait prendre conscience que nous sommes finalement peu à avoir opté pour les 15km et lorsque je passe le ravitaillement, je décide qu’à partir de maintenant je ne me retournerai plus pour voir s’il y a du monde derrière.

Quelques mètres plus tard je croise une borne 9km, étrange au ravitaillement j’étais presque à 5, mon esprit me jouerait-il des tours ? Encore quelques mètres et je croise la borne des 5km c’est le moment ou je comprends que le parcours va faire une boucle.

À peine ai-je fini d’avaler le 5ème kilomètre j’entends derrière moi un bruit de souffle fort et extrêmement rapide qui se rapproche à une vitesse qu’il ne me semble pas possible d’atteindre en étant à pied. Le temps de réaliser un coureur passe à côté de moi et dans une foulée qui semble si simple et efficace me laisse carrément sur place (un peu comme si j’étais arrêté sur le bord de la route et lui en moto). Second coup de bois, le premier entame déjà le dernier tiers de la course et semble frais alors que je suis bientôt à l’arrêt après seulement un tiers de la course.

Restez focus sur sa course et avancer

Je décide de ne pas me laisser aller à la démotivation et je me mets gros coup de petit au cul pour reprendre un semblant de course correcte. Je vois des concurrents devant, me fais dépasser par des concurrents qui ont terminé la boucle, mais je semble ne pas me faire rattraper par ceux derrière moi (ce qui s’expliquera par la suite). Je me regonfle donc sur le second tiers du parcours et termine ma boucle avec difficulté à cause de la chaleur, mais avec le moral.

J’entame donc le dernier tiers de la course dans un état de fatigue avancé, mais avec la niaque. Je prolonge mon effort, j’arrive même à doubler quelques personnes ce qui me donne un bon coup de jus pour la suite du parcours. J’arrive sur la dernière partie du parcours, que je connais suite à mon échauffement, et je me fais doubler par un concurrent qui a décidé d’envoyer du lourd pour finir sauf qu’à mon avis il n’avait pas prévu la bosse de fin. Ce qui devait arriver arriva  et il explose dans cette ultime montée ce qui me permet de repasser devant et de finir par un tour de stade qui fut plus court que ce que je pensais. Certainement porté par l’adrénaline de la fin, la vision du chrono, du speaker qui cherche à lire mon dossard pour annoncer mon nom et des encouragements de la foule.

L’illusion de bien finir

Lorsque je passe la ligne d’arrivé le chrono affiche un temps de 01:41:00 je suis loin du temps que je rêvais de faire, mais je me dis que ce n’est pas si mal et que finalement je ne me suis pas trop fait doublé.

Je décide donc de foncer vers ma voiture pour prendre de quoi prendre une douche rapide et ensuite revenir encourager ceux qui arriveront ensuite. Sauf qu’à peine arrivé à ma voiture j’entends le speaker annoncé que le vélo balai entre sur le stade et donc que le dernier coureur va passer la ligne d’arrivée… Et la c’est le coup de bois final… personne ne m’a doublé parcequ’en fait entre le dernier coureur et moi il n’y avait que 4 personnes !!!

Je dois bien l’avouer je suis un compétiteur alors du coup même si ce n’est pas mon sport et que je n’étais pas préparé la nouvelle de cette place aurait pu me mettre un coup au moral mais c’est certainement la magie de la course à pied, il n’en est rien. J’ai découvert pas mal de choses durant cette course:

  • Si tu veux démarrer sur une course chronométrée tu ferais mieux de choisir une grande, voir une énorme, course car sur les petites courses il n’y a que des killers qui vont te mettre ta piquette !
  • Courir ça ne s’improvise pas il faut se préparer physiquement c’est important mais mentalement aussi.
  • Se fixer un objectif c’est important, mais il faut savoir se jauger
  • La course à pied est avant tout un combat contre soi-même il faut donc être prêt à se mettre une branlée à soi-même

Mais bon voilà je pense que comme toutes les premières fois je vais garder ce souvenir un bon moment en mémoire. De quoi m’accompagner sur mes prochaines courses et surtout me motiver à mieux me préparer. Si vous avez des conseils je suis preneur 😉

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Un Commentaire

  1. C’est jamais évident de se lancer dans quelque chose qu’on n’a jamais fait avant.
    Même si on a déjà couru la distance à l’entrainement, en course on aura envie de mieux faire. Et du coup on prend le risque d’y aller trop fort.
    En course, l’expérience, ça compte.

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